Hydrogène vert : mirage ou futur de l’énergie ? Le point sur les projets en Afrique

H₂ HYDROGÈNE VERT Projets africains, mirage ou avenir ?

Des projets géants au Maroc, en Namibie ou en Égypte : l’Afrique se positionne comme un futur hub de l’hydrogène vert. Pourtant, les obstacles technologiques et financiers restent immenses. L’hydrogène vert est-il un mirage ou la vraie révolution énergétique du continent ?

La course à l’hydrogène est lancée

Le Maroc a annoncé en 2025 la création de la « Hydrogen Valley », un complexe industriel de 10 GW d’électrolyse adossé aux parcs solaires et éoliens du Sud. La Namibie, avec le projet Hyphen, vise 3 GW d’électrolyse et une production de 300 000 tonnes d’hydrogène par an. L’Égypte, quant à elle, a signé des accords-cadres pour 40 GW de projets, principalement autour de la zone du canal de Suez.

L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable. Son prix dépend du coût de l’électricité et des électrolyseurs. Actuellement, le coût de production oscille entre 4 et 6 dollars par kilogramme, soit deux à trois fois plus cher que l’hydrogène gris tiré du gaz naturel.

Des débouchés multiples mais encore incertains

L’hydrogène vert peut décarboner des secteurs difficiles à électrifier :

  • Ammoniac vert : utilisé pour les engrais et bientôt comme carburant maritime, il représente un marché d’exportation massif vers l’Europe.
  • Acier vert : l’hydrogène peut remplacer le charbon dans la réduction du minerai de fer. Les sidérurgistes européens cherchent des fournisseurs africains pour sécuriser leurs approvisionnements.
  • Exportation par pipeline : le projet de gazoduc Maroc‑Nigéria pourrait à terme transporter de l’hydrogène, reliant les centres de production aux marchés européens.

Cependant, le transport et le stockage de l’hydrogène restent techniquement complexes et coûteux, ce qui freine la signature de contrats d’achat fermes.

Financement : le nerf de la guerre

Les projets africains nécessitent des investissements colossaux. Le complexe Hyphen en Namibie est estimé à 10 milliards de dollars. Face à ces montants, les États africains ne peuvent agir seuls. Des partenariats public‑privé se mettent en place, avec des développeurs comme Chariot Energy, Total Eren ou ACWA Power.

Les fonds climat internationaux et les banques de développement (Banque mondiale, BAD, BEI) jouent un rôle clé. L’Union européenne, via son programme REPowerEU, a débloqué 3 milliards d’euros pour des projets d’hydrogène en Afrique. Mais les financements privés restent prudents, attendant des garanties sur les prix futurs.

Viabilité à 2030 : un pari réaliste ?

Selon l’Agence internationale de l’énergie, le coût de l’hydrogène vert devrait baisser de 50 % d’ici 2030 grâce à l’industrialisation des électrolyseurs. Si cette baisse se concrétise, l’hydrogène africain deviendra compétitif par rapport à l’hydrogène gris et pourra capter une part significative du marché européen.

Mais d’ici là, les projets doivent franchir plusieurs étapes : études de faisabilité, bouclage financier, construction et montée en puissance. La prudence reste de mise, mais les graines semées aujourd’hui pourraient bien faire de l’Afrique le premier exportateur mondial d’hydrogène vert dans la prochaine décennie.

Pensez-vous que l’hydrogène vert tiendra ses promesses ? Débattez-en en commentaire.

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