Gaz offshore au Sénégal et en Mauritanie : le nouvel eldorado du GNL africain

GAZ OFFSHORE Sénégal & Mauritanie : nouvel eldorado

La mise en production imminente du projet gazier Greater Tortue Ahmeyim (GTA) marque un tournant pour le Sénégal et la Mauritanie. Ces deux pays d'Afrique de l'Ouest s'apprêtent à entrer dans le cercle très fermé des exportateurs de gaz naturel liquéfié.

Un projet colossal en eaux profondes

Situé à la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie, le champ GTA recèle des réserves estimées à 15 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel, soit l'équivalent de 2,5 milliards de barils de pétrole. Exploité par un consortium mené par BP, Kosmos Energy et les sociétés nationales Petrosen (Sénégal) et SMHPM (Mauritanie), le projet entre dans sa phase finale de développement.

La première phase, dont la mise en service est prévue fin 2026, prévoit une production annuelle de 2,5 millions de tonnes de GNL, destinée principalement au marché européen. Une deuxième phase pourrait doubler cette capacité d'ici 2030. Le gaz est extrait à 2 800 mètres de profondeur, puis acheminé vers un navire flottant de liquéfaction (FLNG) ancré à 10 kilomètres des côtes.

Un modèle économique inédit

La particularité du projet GTA réside dans son concept de développement transfrontalier. Les deux pays ont signé un accord de coopération en 2018 pour partager les revenus et les infrastructures. Ce modèle unique pourrait inspirer d'autres projets sur le continent.

Le coût total de la première phase est estimé à 4,8 milliards de dollars, financés en grande partie par des prêts multilatéraux et des fonds propres des opérateurs. Les recettes fiscales attendues pour le Sénégal et la Mauritanie représentent jusqu'à 1,5 milliard de dollars par an, soit une augmentation significative de leurs budgets respectifs.

Retombées locales : électricité, emplois, contenu local

Au-delà des exportations, le gaz de GTA doit d'abord alimenter les marchés domestiques. Une partie de la production sera réservée à la production d'électricité pour réduire la dépendance au fioul lourd. Au Sénégal, la centrale à gaz de Cap des Biches devrait abaisser le coût du kilowattheure de 30 % à terme.

Le projet a généré plus de 3 000 emplois directs pendant la phase de construction, et les programmes de contenu local montent en puissance. Des centaines de techniciens sénégalais et mauritaniens ont été formés aux métiers de l'offshore, créant un vivier de compétences pour les futurs développements pétroliers et gaziers.

L'Afrique de l'Ouest sur l'échiquier gazier mondial

Avec GTA, l'Afrique de l'Ouest rejoint le Nigeria, le Mozambique et l'Égypte sur la carte des grands exportateurs africains de GNL. La proximité géographique avec l'Europe constitue un atout majeur, surtout dans un contexte de diversification des approvisionnements loin du gaz russe.

Les défis restent nombreux : stabilité réglementaire, gestion des revenus, risques environnementaux. Mais si ces écueils sont surmontés, le Sénégal et la Mauritanie pourraient bien devenir les nouveaux piliers du corridor gazier ouest-africain.

Selon vous, le gaz africain peut-il remplacer durablement le gaz russe en Europe ? Débattez-en en commentaire.

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